La poésie d'après Marguerite Yourcenar

Au hasard n°2

Au hasard de ma bibliothèque, aujourd'hui, j'ouvre... Les yeux ouverts de Marguerite Yourcenar (éditions du Centurion, 1980)

Question de Matthieu Galey :

- Mais pourquoi vous être intéressée aux poètes, plutôt qu'aux philosophes, par exemple ? Vous considérez-vous comme un poète ?

- Au sens où j'entends le mot poète, oui, répond MY. Pour moi, un poète est quelqu'un qui est "en contact". Quelqu'un à travers qui passe un courant. Mais, en définitive, la poésie et la prose se ressemblent énormément. La prose est pleine de rythmes sous-jacents, qu'on découvre très vite si l'on fait attention. Seulement la poésie, c'est là où je crois que le poète moderne se trompe, repose sur des effets répétitifs, qui sont capables de jouer un rôle incantatoire, ou du moins de s'imposer au subconscient. Une poésie sans rythmes immédiatement perceptibles n'établit pas ce contact nécessaire au lecteur.